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L'incendie du Bazar de la Charité

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L'incendie du Bazar de la Charité

En résumé

Vous vous en doutez, un incendie terrible est à l'origine des premières règles de sécurité incendie. En l'occurrence, celui du Bazar de la Charité...

Né au XIXe siècle à Paris, le Bazar de la Charité est une oeuvre de bienfaisance sous la forme d'un événement mondain où toutes sortes d'objets sont vendus au profit des pauvres, et le Bazar nous intéressant est celui de 1897.

L'événement a lieu cette année du 3 au 6 mai, rue Jean-Goujon, dans un hangar de 80 mètres de long sur 13 mètres de large, transformé pour l'occasion en une rue de Paris au Moyen-Âge. Composé de 22 échoppes et d'un buffet, tous tenus par des dames de la noblesse et de la grande bourgeoisie, ce décor s'achève par une salle de cinéma diffusant trois films des Frères Lumière: La sortie de l'usine Lumière à Lyon, L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat et L'arroseur arrosé.

Le cinéma comme attraction impose toute une organisation en coulisse. La technologie est encore balbutiante et rudimentaire, tout est manuel, du défilement de la pellicule par une manivelle, à l'éclairage par une lampe alimentée à l'éther.

Et justement, le 4 mai à 16h15, le projectionniste demande à son assistant de remplir le réservoir d'éther. Il s'exécute en commettant une erreur terrible: s'éclairer avec une allumette dans une salle de projection exiguë, saturée de vapeurs d'éther et abritant plusieurs bidons pour alimenter la lampe du 3 au 6 mai. Évidemment la salle de projection s'enflamme aussitôt, et avec les rideaux et boiseries du décor moyenâgeux, le vélum pour plafond, en un rien de temps, tout le hangar est en feu.

Environ 1000 visiteurs (800 <> 1200) se mettent à courir vers les deux seules portes de sortie, certains trébuchent et meurent piétinés, d'autres sont brûlés vifs. Le bilan est terrible, 125 morts, dont 118 femmes car les oeuvres de charité sont des affaires féminines, seuls une quarantaine d'hommes sont présents, essentiellement des organisateurs ou des ouvriers.

Parmi les morts se trouve la Duchesse d'Alançon, sœur de Sissi, venue comme bénévole. Elle aurait pu s'enfuir, mais a préféré aider ses suivantes: "Partez vite. Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière.". Avant d'être finalement cernée par les flammes.

Largement relayée par la presse, cette tragédie a bouleversé les français et a fait naître les premières règles de sécurité incendie, d'abord sous la forme d'une ordonnance du préfet de police de Paris le 1er septembre 1897. Points d'accès, matériaux de construction, moyens de secours... cette ordonnance encadrait strictement les établissements ouverts au public. Et dès le XXe siècle, ces normes se sont imposées à toute la France.

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Publié par Jean-Charles Pouzet sur Caedes le 28-07-2026

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