Les gravures de Sardou
Caedes > À fond de train > Les gravures de Sardou

Imaginez n'avoir jamais su dessiner, et soudainement, un soir, vous maîtrisez même la gravure sur cuivre…
Nous sommes durant les années 1850, à Paris. Victorien Sardou n'a pas encore écrit Madame Sans-Gêne ou La Tosca, il a 28 ans et se passionne pour le spiritisme, discipline alors naissante dont le lyonnais Allan Kardec est le chef de fil.
Le soir venu, Victorien Sardou fait donc tourner les tables et s'adonne à la "psychographie": les esprits lui parlent, il retranscrit. Durant une séance, l'esprit de Bernard Palissy, céramiste éminent de la renaissance, l'invite à prendre un burin et une feuille de cuivre. Il s'exécute et semble dès lors possédé. Lui, l'homme des mots sans le moindre talent pour aucune autre forme d'art, se met à graver sur le cuivre des heures durant un palais enchanté sous les yeux d'une assistance médusée, et l'oeuvre est celle d'un excellent graveur. En revenant à lui, il annonce avoir gravé, la demeure de Bernard Palissy dans le monde des esprits. Un monde où l'on rêve, devise et se promène, où la musique est partout ; d'ailleurs, durant une autre séance, Mozart lui fera graver son palais, composé de clés, de notes, de croches, de portées et d'instruments.
Victorien Sardou produira ainsi une poignée de ces gravures avant de perdre cette aptitude, et passera le reste de sa vie à s'interroger sur le sens à donner à ses gravures.
Version vidéo
Source de l'article
- Les Extra-sensoriels. Calculateurs prodiges - Mémoires fabuleuses / L' écriture automatique - Les surdoués / L' être humain et son double - Génie et folie / Hallucinations et clairvoyance - La créativité - Les énigmes du rêve - Visions mystiques: pages 151-156
Boutique en ligne



Publié par Jean-Charles Pouzet sur Caedes le 20-03-2026
