Les disparitions mystérieuses des Méchinaud et Louis Le Prince
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Apparemment, les siècles ont tous leur grande disparition non-élucidée. L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès est bien partie pour être celle du XXIe, les Méchinaud pour le XXe et Louis Le Prince pour le XIXe…
Les disparus de Boutiers
Nous sommes le 24 décembre 1972 à Cognac en Charente. Jacques et Pierrette Méchinaud, 31 et 29 ans, réveillonnent chez leurs amis les Fontanilla avec leurs deux fils de 7 et 4 ans. La soirée se terminant, les Méchinaud remettent leurs manteaux, saluent leurs amis puis repartent en voiture chez eux, à Boutiers, et disparaissent...
Le jour suivant, leurs volets restent fermés, leur voiture n'est pas là, et personne ne répond, ni au téléphone ni à la porte. Leur voisin, Maurice Blanchon, ouvrier viticole de 28 ans, se fait du souci. Ayant un double des clés, il se permet d'entrer dans la matinée et trouve une maison inoccupée, le poêle est éteint, les cadeaux attendent au pied du sapin. Maurice Blanchon alerte aussitôt l'entourage des Méchinaud, et fin décembre, faute de réapparition, le père de Pierrette prévient la gendarmerie.
Les gendarmes appellent les Méchinaud, se présentent chez eux, interrogent un peu tout le monde et ne les trouvent ni eux ni personne ne les ayant vus ces derniers jours. À Saint-Gobain, où Jacques Méchinaud est électromécanicien, personne ne l'a vu non plus ; il est pourtant censé travailler. Alors début janvier, les gendarmes s'introduisent dans la maison familiale.
À l'intérieur, tout converge vers une disparition le soir du Réveillon, notamment les cadeaux toujours au pied du sapin et l'intérieur pestilentiel du réfrigérateur où fermentent les huîtres et la dinde de Noël. La maison n'est pas a priori une scène de crime, les gendarmes ne trouvent ni corps, ni trace d'effraction, de lutte ou de cambriolage, dès lors, la piste d'un accident de la route en revenant de chez les Fontanilla semble s'imposer. Mais...
Mais le trajet est de seulement 4 kilomètres. Et Jacques Méchinaud est un excellent conducteur connaissant cette route par coeur, ce soir là sans pluie, neige ou verglas, simplement le brouillard habituel en cette période. Et d'après les Fontanilla, il était en état de conduire. Alors, comme ils s'y attendaient, les gendarmes ont beau scruter encore et encore les 4 kilomètres, sur terre et en hélicoptère, ils ne trouvent ni voiture ni trace d'accident. Et leurs plongeurs déployés notamment dans la Charente ne trouvent rien non plus.
À défaut d'un accident de la route, une mauvaise rencontre est sinon possible. Mais…
Mais personne n'y croit vraiment. Les environs sont faiblement criminogènes, surtout le soir de Noël, et entre temps, d'une manière ou d'une autre, des éléments seraient venus au moins étayer cette piste.
Alors les gendarmes s'intéressent aux époux Méchinaud, et de confidence en confidence, se dresse le portrait inattendu d'un couple désaccordé au bord de la rupture.
Jacques Méchinaud travaille dur, y compris au noir, réparant voitures et motos sur son temps libre au prix d'une épouse délaissée dont les états d'âme ne le préoccupent guère. Plutôt "vieille France", il la considère avant tout comme une fée du logis, or, Pierrette est une jeune femme de son temps dont les aspirations ne se limitent pas au foyer. Les époux Méchinaud ne partagent ainsi pas grand-chose et leurs conversations tournent souvent autour du même sujet: les tenues jugées trop révélatrices de madame. En fait, Jacques Méchinaud la soupçonne depuis longtemps d'être volage, il lui arrive d'ailleurs d'en parler autour de lui en proférant volontiers des propos glaçants. Il aurait dit par exemple devant plusieurs témoins: "Si un jour j'apprends que ma femme me trompe, tout le monde y passera. Il n'y aura pas de rémission. Je connais des coins…" Et en effet, Pierrette le trompe, avec Maurice Blanchon, leur voisin, il l'a appris juste avant Noël. Aussitôt interrogé, Maurice Blanchon avoue être son amant depuis environ deux ans, et apparemment, Pierrette voulait partir après les fêtes.
Tout ceci éclaire divers témoignages faisant état d'un mari étrangement agité à l'approche de Noël, dont celui des Fontanilla. Ils ne savaient pas les Méchinaud au bord de la séparation, ils semblaient même heureux le soir du Réveillon, mais lui n'était pas comme à l'accoutumée. Normalement réservé, il était intarissable et ne tenait pas en place, à leur grand dam d'ailleurs. M. Fontanilla travaillait le lendemain matin à 4h, il était donc convenu de finir tôt, mais les Méchinaud sont seulement partis vers 1h du matin.
À la lumière de ces faits, deux scenarii sont sur la table.
Les pistes
Tuerie familiale
Premier scénario: la tuerie familiale.
Jacques Méchinaud savait Pierrette sur le départ, au profit du voisin de surcroît, autrement dit l'humiliation érigée en art. Et avec les enfants, il lui était impossible à court terme de refaire sa vie ailleurs. Il était coincé. Alors il a perdu pied et massacré sa famille, comme il l'avait annoncé. Le Réveillon était le moment idéal, l'occasion de partir en famille pour une virée nocturne sur une route brouillardeuse et déserte, sans éveiller les soupçons de Pierrette et sans témoin pour reconstituer ensuite leur parcours, à condition de faire durer la soirée chez les Fontanilla.
Un débat fait rage dans cette hypothèse: Jacques Méchinaud s'est-il donné la mort ?
D'aucuns le pensent en cavale, avec notamment ceci comme argument: ses revenus au noir lui ont permis de constituer un butin de plusieurs dizaines de milliers de francs conservé dans la chambre du couple, or, ce butin a disparu. Troublant, mais pas une preuve en-soi. L'argent a pu être dérobé, par un gendarme crapuleux ou Maurice Blanchon, il en connaissait l'existence et entrait comme il le voulait dans la maison, Pierrette lui avait donné un double des clés, du reste, la découverte de sa liaison avec Pierrette a pu inciter Jacques Méchinaud à déplacer l'argent, craignant de se faire voler aussi ses économies. Ou, en effet, Jacques Méchinaud est en cavale.
Maurice Blanchon
Deuxième scénario: Maurice Blanchon.
Maurice Blanchon a peut-être, dans des circonstances à déterminer, tué toute la famille dans la nuit du 24 au 25 décembre, avant de se débarrasser des corps et de la voiture. Par exemple, aussitôt les Méchinaud de retour de chez les Fontanilla, il se serait présenté chez eux et aurait poignardé Jacques Méchinaud, persuadé d'agir en libérateur, mais à son grand désarroi, Pierrette aurait voulu appeler la police ou défendre son mari. Maurice Blanchon l'aurait alors tuée aussi, comme les enfants, tous étant désormais des témoins gênants. Un tel crime aurait vraisemblablement eu lieu avant 2h00 du matin, lui laissant ainsi le temps de charger les corps des Méchinaud dans leur voiture, la conduire dans une cachette à proximité, sans doute provisoire, et revenir à pied avant l'aube ni vu ni connu. Le matin, il serait retourné dans la maison pour nettoyer le sang en prétextant s'y être introduit en bon voisin se faisant du souci. Capillotracté, mais pas impossible.
Alors les gendarmes le cuisinent un peu. Il n'en sort pas grand-chose, sinon sa théorie abracadabrante sur la disparition des Méchinaud.
Après le Réveillon chez les Fontanilla, les Méchinaud n'auraient pas pris la direction de leur maison, ils seraient partis refaire leur vie en Australie. Un nouveau départ pour le couple, à l'initiative de Jacques Méchinaud, dans un pays où il rêve de s'installer depuis des années. À l'en croire, les Méchinaud seraient donc partis en laissant tout derrière eux, après avoir tout prévu pour Noël, et sans en informer personne... Mais Maurice Blanchon a réponse à tout. Pierrette a été mise devant le fait accompli sur la route, Noël a donc été préparé normalement, et Jacques Méchinaud veut faire table rase du passé.
Évidemment, personne n'y croit. En plus, vérifications faites, nul ne connaît à Jacques Méchinaud de tropisme australien. Il lui est arrivé de voyager à l'étranger pour Saint Gobain, dont un voyage en Australie, mais il n'en est pas revenu passionné par ce pays ou avec l'envie de s'y installer.
Alors de deux choses l'une. Soit Maurice Blanchon est un garçon très perturbé, soit il cherche à les orienter vers une fausse piste. Finalement les gendarmes ne font pas grand cas de lui. Peut-être à tort...
Comme les recherches ne donnent rien, il serait temps d'explorer d'autres pistes. Et en voilà une. Mais rien n'est entrepris, les recherches sont finalement abandonnées, et l'affaire sombre dans l'oubli.
L'affaire relancée par une série d'évènements
25 ans plus tard, une série d'évènements va peu à peu relancer l'affaire.
Le chai d'un homme menaçant
Un jour de la fin des années 1990 à Cognac, un homme d'environ 60 ans apprend furieux la vente par son ex-femme d'un chai à Boutiers. SON chai. Voulant à tout prix le récupérer, il trouve l'acheteur et lui intime l'ordre de lui revendre ce chai pour une fraction de sa valeur en le menaçant de représailles dans le cas contraire. Face à lui le nouveau propriétaire du chai n'en mène pas large. Les menaces ne sont pas en l'air, c'est évident, et son ex-femme confirme: "Mon ex-mari est dangereux" lui dit-elle, "Il y a très longtemps, il a fait disparaître une famille...". Les Méchinaud, pas besoin de lui faire un dessin. Tétanisé, il lui revend le chai pour le tiers de sa valeur, sans prévenir les gendarmes.
De toute façon plus personne n'est sur l'affaire, aux oubliettes depuis des lustres. Mais plus pour longtemps…
L'arrivée de Stéphane Chalumeau
En 2001, la gendarmerie de Cognac accueille un nouvel adjudant-chef: Stéphane Chalumeau. Comme le veut l'usage, il se familiarise à son arrivée avec les affaires non résolues, dont il exhume perplexe un vieux dossier rabougri intitulé "Les disparus de Boutiers". Le dossier fait à peine dix pages, et pour cause, ses prédécesseurs se sont focalisés sur la piste de l'accident et donc la recherche de la voiture, sans sérieusement explorer d'autres pistes. Alors Stéphane Chalumeau relance l'affaire. Évidemment pas formellement, il n'en a pas le pouvoir, mais officieusement, il documente, interroge des gens, envisage de nouvelles pistes... et peu à peu, le dossier s'épaissit. L'objectif est d'obtenir un jour du procureur la réouverture du dossier. En attendant, il commence à faire des émules du côté des journalistes.
Le retour de l'homme menaçant
En 2004, Christine Gilles, correspondante de la Charente Libre, se rend ainsi à Boutiers pour travailler sur l'affaire. Très investie, sa présence à Boutiers ne passe pas inaperçue, au point de s'attirer des ennuis. Sorti de nulle part, un colosse d'une soixantaine d'années la menace dans un café: "Arrêtez. Il y a des histoires qu'il ne faut pas remuer pour ne pas avoir d'ennuis.". Et il disparaît. Elle ignore son identité, ne l'a jamais vu avant, mais en tout cas, très échaudée, elle finit de "remuer" avec précaution et déguerpit.
Le procureur relance l'affaire
En 2011, Stéphane Chalumeau obtient gain de cause. Le dossier est rouvert et lui est confié. Ayant désormais les coudées franches, il commence par le plus évident: relancer des recherches dans la Charente avec des radars à la pointe de la modernité. Nom de code de l'opération: Bruneri47, du nom des deux fils de Jacques Méchinaud, Bruno et Eric, âgés de 4 et 7 ans au moment des faits. Si les gendarmes ne trouvent pas la voiture avec un tel matériel, elle n'y est vraisemblablement pas, ils pourront alors fermer cette porte pour enfin explorer d'autres pistes. Et en effet, ils ne la trouvent pas. Dès lors, le vrai travail commence, avec des décennies de retard, la suite est donc très incertaine. Mais la chance va un peu leur sourire.
Une lettre anonyme
En février 2019, un courrier arrive sur le bureau du magistrat instructeur. L'auteur raconte comment son père s'est vu obligé dans les années 1990 de vendre un chai pour le tiers de sa valeur à un homme menaçant possiblement lié à la disparition des Méchinaud, sans en informer la justice par crainte de représailles. L'homme menaçant est rapidement identifié, il s'agit d'un certain Claude F., ancien malfrat bien connu des environs de Cognac, en effet dangereux, même craint des gendarmes. Ceux l'ayant connu à son zénith disent tous: "Fallait pas le faire chier". De fil en aiguille, la photo de Claude F. est montrée à la correspondante de la Charente Libre: "C'est lui. Je le reconnais. C'est lui qui m'a abordée et dit d'arrêter.". Et ce n'est pas tout. Claude F. vivait à Boutiers en 1972, il y possédait des ateliers douteux, et ô surprise, il était très ami avec Maurice Blanchon. Cette amitié change tout.
Maurice Blanchon et Claude F.
Avec un complice pareil, appelé par exemple à la rescousse après les meurtres pour faire disparaître la famille, et sans doute lui enseigner en vitesse le b.a.-ba criminel, comme nettoyer la scène de crime ou anticiper les échanges avec les gendarmes, Maurice Blanchon est un suspect crédible. Pour dédommager Claude F. il lui aurait suffi de voler le trésor de guerre de Jacques Méchinaud.
Malheureusement il est trop tard pour interroger Claude F., mort tout récemment d'un cancer. En revanche, Maurice Blanchon est toujours vivant, bon pied, bon oeil. Il reconnaît benoîtement l'avoir bien connu: "On était copains..." dit-il, avant d'entonner le refrain habituel: "Il n'a rien à voir là-dedans... J'arrête pas de vous dire que les Méchinaud sont partis en Australie...".
Mais cette fois les choses sont différentes. Le dossier a été rouvert et il y a du concret, alors les gendarmes vont tout fouiller. Les ateliers de Claude F. sont passés au peigne fin, même chose en parallèle chez Maurice Blanchon ayant le mérite de n'avoir jamais déménagé. Rien de concluant n'est trouvé chez Maurice Blanchon, dont le terrain a même été sondé d'un bout à l'autre, en revanche, l'un des ateliers de Claude F. ressemble à s'y méprendre à un cimetière criminel avec son grand puits rebouché et une partie du sol étrangement rebétonnée…
Seulement voilà, pour en avoir le coeur net, il faudrait en passer par de la destruction d'ouvrage, or, le magistrat n'a pas assez d'éléments pour ordonner un tel chantier. Alors les hommes remballent.
L'impasse
Pour l'heure, l'affaire en reste là, avec donc deux grandes hypothèses: Maurice Blanchon, probablement avec la complicité de Claude F., dans des circonstances à déterminer, et un massacre familial perpétré par Jacques Méchinaud avant de se donner la mort ou de partir en cavale.
L'affaire est désormais entre les mains nanterriennes du pôle national des crimes sériels ou non élucidés, le fameux "Pôle cold cases" cher à nos journalistes américanisés, dont les moyens importants permettront peut-être un jour de résoudre l'affaire des disparus de Boutiers.
La disparition de Louis Le Prince
Vous venez de visionner "Une scène au jardin de Roundhay" le premier film de l'histoire.
Tournée en 1888, ce film est l'oeuvre de Louis Le Prince, inventeur français alors âgé de 47 ans, étrennant ici une caméra de son invention baptisée MK2. Le tournage s'est déroulé en Angleterre chez ses beaux-parents. Louis Le Prince a épousé une anglaise et vit l'essentiel du temps Outre-Manche. Il est aussi l'inventeur d'un projecteur finalisé en 1890.
Cette même année, il doit se rendre à New-York où il sera reçu en grande pompe durant l'automne pour présenter ses deux inventions, et l'air de rien, entrer dans l'histoire comme précurseur du cinéma. Avant les Frères Lumière ou Thomas Edison.
Mais d'abord, il se rend en France pour voir sa famille. Le 16 septembre, après un séjour chez son frère Albert à Dijon, il monte à bord d'un train en partance pour Paris, où le train arrivera sans lui ni ses bagages, et on ne le reverra jamais. Louis Le Prince s'est envolé.
Aucun comportement suspect ou violent n'a entaché le voyage. Aucun corps n'a été retrouvé le long des voies. L'affaire est un mystère déchaînant les passions depuis plus de 130 ans.
Les innombrables pistes...
En 1890, Louis Le Prince était semble-t-il perclus de dettes. Alors certains l'imaginent organisant sa disparition pour échapper à ses créanciers. Au lieu de prendre son train à Dijon, il aurait donc pris la fuite et refait sa vie sous une nouvelle identité.
Cette théorie est cependant truffée de failles, à commencer justement par l'argent... il en faut pour refaire sa vie. Et de toute façon, ses problèmes d'argent n'étaient pas a priori insolubles. Sa démonstration à New-York devait déclencher une réaction en chaîne faisant de lui à terme un homme riche, Louis Le Prince avait donc probablement négocié des arrangements avec ses créanciers conditionnés à la réussite de sa démonstration.
Mais si ses prototypes n'étaient pas fin prêts, et il existe des doutes concernant le projecteur, il allait au-devant d'un désastre d'une ampleur ayant pu le conduire à mettre fin à ses jours. D'aucuns en sont persuadés, notamment depuis 2003, année où une photographie troublante prise peu après la disparition de Louis Le Prince a été exhumée des archives de la préfecture de Paris. Cette photographie est celle d'un cadavre repêché dans la Seine d'un homme ressemblant beaucoup à Louis Le Prince. Il aurait donc bien pris son train à Dijon, et une fois à Paris, il serait parti en finir au lieu de rejoindre ses amis comme prévu.
Toutefois cette version ne tient pas non plus: il n'avait pas besoin de se rendre à Paris juste pour en finir. S'il s'agit bien de lui sur la photo, la piste criminelle est beaucoup plus crédible. Il a pu rater son train, prendre le suivant et arriver tard le soir dans la Capitale, au moment où elle se transforme en coupe-gorge. Autour des gares, la nuit venue, la chasse au bourgeois isolé chargé de bagages est ouverte. Certains conducteurs de fiacres les conduisent non pas à destination mais dans une ruelle isolée où ils sont tués, dépouillés, puis jetés dans la Seine. Encore une fois, s'il s'agit bien de Louis Le Prince sur la photographie.
Et n'oublions pas la raison de son voyage à Dijon, rendre visite à son frère, Albert Le Prince, le dernier à l'avoir vu vivant. Apparemment, il y avait des tensions entre eux depuis le décès de leur mère en 1887 au sujet de l'héritage, dont Albert Le Prince empêchait le versement en multipliant les recours, car à ses yeux, l'argent maternel ne devait pas servir à éponger les dettes de son frère. Et si Albert Le Prince l'avait tué à Dijon ? Sans doute proche d'avoir épuisé tous les recours possibles, l'assassinat a pu lui apparaître comme une solution.
Certains envisagent finalement un contrat mis sur la tête de Louis Le Prince par Thomas Edison pour ne pas se faire damer le pion. Rien n'étaye cette hypothèse, mais elle existe.
En tout cas, la police ne semble pas s'être intéressée à Albert Le Prince, Thomas Edison, ou à grand-chose d'ailleurs. Aucun dossier sur cette affaire n'a été trouvé dans les archives de la police. Louis Le Prince a disparu, sa disparition n'a sans doute rien d'extravagant, mais on ne saura jamais comment.
Version vidéo
Sources de l'article
- Disparition de la famille Méchinaud: une énigme depuis Noël 1972, le pôle "cold cases" de Nanterre reprend l'affaire (Sud Ouest)
- En 1972, l'insondable mystère de la disparition de la famille Méchinaud en Charente (Sud Ouest)
- "Et si un jour, ils revenaient…": la famille Méchinaud a disparu il y a 50 ans (Ouest-France)
- Le mystère de la famille Méchinaud, disparue le soir de Noël 1972 (Nouvel Obs)
- Mystère de Noël: les disparus de Boutiers, 53 ans d'énigme (Charente Libre)
- Toute une famille volatilisée le soir du réveillon de Noël: 53 ans après la disparition des Méchinaud, le temps peut être un allié, le pôle cold case lance un appel à témoins sur RTL (RTL)
- Affaire Méchinaud: la famille volatilisée et le gendarme (Radio France)
- Disparus de Boutiers: sans ce gendarme de la brigade de Cognac, l'affaire serait restée au fond d'un carton (ICI)
- Disparus de Boutiers: 50 ans après, une nouvelle piste (Charente Libre)
- Toutes les pistes sont encore exploitées: 50 après la disparition de la famille Méchinaud, le pôle cold case de Nanterre garde espoir de les retrouver vivants (RTL)
- La mystérieuse disparition de la famille Méchinaud (Brut)
- Épisode 1/2 · Louis Aimé Augustin Le Prince (Radio France)
- La mystérieuse disparition de l'un des pionniers du cinéma (Culture Hors Les Murs)
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Publié par Jean-Charles Pouzet sur Caedes le 27-06-2026
